Le rebond des actions européennes n'est probablement pas terminé

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Benjamin Melman, directeur allocation d’actifs et dettes souveraines chez Edmond de Rothschild AM France, explique pourquoi l’environnement est toujours favorable pour les actions européennes.

Aussi impressionnant qu’ait pu être ce mouvement, il convient de souligner que le moteur mis en place en l’espace de quelques semaines revêt deux caractéristiques fortes :

– il est très puissant (un Quantitative Easing de la Banque Centrale Européenne bien plus large que prévu),

– il a coïncidé avec des signes plus tangibles de redémarrage (tant dans les enquêtes que les statistiques économiques européennes), alors même que les attentes n’avaient cessé d’être révisées à la baisse depuis plusieurs mois et étaient devenues très faibles.

En fait, le ralentissement européen amorcé début 2014 a été si surprenant et si net que beaucoup ont voulu ignorer les bienfaits à attendre de la chute de l’euro et des cours du pétrole, ainsi que de la diffusion de la reprise américaine à l’Europe pour la seconde partie de l’année.

Or, la capacité des profits européens à rebondir face à une amélioration économique est considérable. Les marges des entreprises sont plutôt comprimées et offrent un réel potentiel d’expansion en raison de :

– la pression sur les coûts qui est durablement affaiblie avec des salaires suivant avec retard l’inflation qui a considérablement ralenti (l’output gap, c’est-à-dire l’écart du PIB par rapport au PIB potentiel, demeure en territoire négatif ),

– les taux d’intérêts qui sont en chute libre,

– les prix des matières premières qui demeurent sous pression,

– et l’euro qui continue de s’affaiblir.

Autrement dit, le rebond des actions européennes n’est probablement pas terminé.

Quelques incertitudes persistent cependant :

L’incertitude autour du dossier grec continue de sévir et ne s’est pas encore dissipée pour l’instant, mais nous continuons à penser qu’une issue favorable sera trouvée même si davantage de tensions sont envisageables d’ici là.

Il convient également de surveiller la proximité du resserrement monétaire de la Federal Reserve. Les dernières statistiques économiques américaines étant moins lisibles, le timing du mouvement est plus incertain.

Mais il devrait revenir au sein des préoccupations dès le comité de politique monétaire du 18 mars à l’occasion duquel la Fed devrait, en abandonnant la notion de «patience», rendre plausible l’amorce d’un premier mouvement dès le mois de juin.

Enfin, il faudra également voir comment la Fed entend gérer la réduction de son bilan, le seul message étant que l’opération sera progressive.

L’abondance de liquidités alimentée par les banques centrales participe à la faible aversion au risque qui a actuellement cours sur les marchés. La perspective de retraits même progressifs de ces liquidités par certaines banques centrales, pourraient être source de volatilité.

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